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Samedi 1 mars 2008 6 01 /03 /2008 22:17
José Bové n'a rien inventé. Les premières attaques contre les Etats-Unis, pays de la malbouffe, datent d'il y a plus de cinquante ans. A l'époque c'est Coca-Cola qui en avait été la victime.

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En 1949, la firme d'Atlanta avait décidé de s'implanter en Europe et projetait de construire une usine à Marseille. Immédiatement elle se heurta à une double opposition. Celle des viticulteurs voulant interdire l'arrivée sur le marché des boissons d'un produit considéré comme concurrent possible et surtout celle, purement idéologique mais très puissante à l'époque, des communistes et de leurs alliés.

Au début ce furent des considérations de balance de paiements – il fallait décourager les importations – qui poussèrent le gouvernement à s'opposer aux projets de Coca-Cola. Mais, rapidement la propagande communiste s'intensifia et exigea l'interdiction pure et simple de la marque américaine. Elle exploita à cette fin la crainte d'une "invasion" culturelle et économique américaine. Dans cette affaire elle trouva des alliés aux sein de la gauche aussi bien que dans les rangs gaullistes. Le journal Le Monde parla de coca colonisation et décréta avec finesse : "après Coca-Cola holà". Quant aux lobbies protectionnistes, ils mirent en avant les dangers que Coca-Cola faisait courir à la santé des français. C'est sur ce terrain que se placèrent la majorité des députés. Ils votèrent une loi interdisant la vente de toute boisson non alcoolique soupçonnée d'être malsaine. C'était, bien sûr, uniquement Coca-Cola qui était visée.

Cette loi ne fut jamais appliquée. Alors que la France bénéficiait des largesses du plan Marshall il était difficile de s'en prendre aussi ouvertement à une firme américaine. Le Ministère de la santé essaya bien de refuser l'autorisation de vente de Coca-Cola. Mais des analyses scientifiques montrèrent que les ingrédients de la célèbre boisson étaient bien conformes au Code de la santé. Finalement, fin 1953, un jugement en appel mit fin à toute action légale contre la célèbre boisson gazeuse. Entre temps, l'attention des communistes s'était portée sur d'autres fronts. L'Humanité devait même accepter la publicité de Coca-Cola dans ses pages tandis que l'URSS et ses satellites en autorisaient la production et la vente derrière le rideau de fer (ou celles du rival Pepsi-Cola).

Nous le voyons, le commerce adoucit les mœurs. Celles de la confédération paysanne se civiliseraient sans doute si McDonald ajoutait un McRoquefort à ses menus.

 

Florin Aftalion

Professeur d'économie à l'ESSEC

Par Philroll - Publié dans : Politique - Affaires internationales
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